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Le mot du Bourgmestre

Mesdames et Messieurs,
Bonjour,

Les conséquences de la pandémie sont graves. Nous pensons aux personnes qui nous ont quittés, à celles qui ont perdu un être cher et aux personnes qui portent encore les symptômes de la maladie. Courage !

Si les remerciements ont été nombreux pendant la première vague, il faut bien constater que, plus d’un an plus tard, ils se sont faits plus rares. Je remercie tous les membres des services soignants et sociaux pour l’ardeur de leur travail. Mois après mois, leur œuvre a été décisive.

Je vous remercie également vous qui, chaque jour, avez accepté ces contraintes telles que le port du masque et le respect des nombreuses mesures de distanciation. Un vocabulaire méconnu il y a plus de 15 mois.

Progressivement, cette obstination nous ouvre enfin une éclaircie, des perspectives et le retour de jours meilleurs.

À l’heure d’écrire ces mots, à l’aube des jours d’été, les indicateurs sont enfin encourageants : un taux de reproduction du virus inférieur à 1, une diminution significative du nombre de cas, une diminution du nombre des personnes hospitalisées et surtout un taux de vaccination de plus en plus élevé.

Pour l’ensemble de notre pays, 500.000 personnes en moyenne reçoivent un vaccin chaque semaine. A la lumière de ces tendances, notre commune est plutôt dans une excellente situation. Près de 50 % de la population de plus de 18 ans de La Roche-en-Ardenne a reçu une première dose de vaccin.

Quelle attitude faut-il adopter pour la suite ? Depuis le début de la crise, nous n’avons jamais souhaité être plus exigeants que ce que nous imposaient les autorités fédérales, régionales et provinciales.

Une exception toutefois, le port du masque que nous avons rendu obligatoire dans le centre de La Roche-en-Ardenne. Objectif espéré : que notre population locale soit « protégée » par l’arrivée de plus nombreux touristes. Cette mesure semble avoir porté ses fruits.

Depuis le samedi 8 mai, une partie du secteur Horeca peut à nouveau accueillir du public en ses espaces extérieurs et le 9 juin, les portes intérieures pourront à nouveau être ouvertes.

Des taxes ont été supprimées afin de soutenir ces secteurs économiques et nous donnons la possibilité (quand cela est matériellement possible) aux cafetiers et aux restaurateurs d’occuper gratuitement le double de l’espace public qu’ils occupaient avant la pandémie.

Régulièrement, les membres du Collège communal sont aux côtés des entrepreneurs et organisateurs d’activités afin d'identifier les mesures pour que tout soit à nouveau possible.

Enfin, je souhaite rappeler, pour les plus jeunes, qu’il n’est pas nécessaire d’attendre la convocation à sa vaccination. Des enregistrements pour obtenir une dose en réserve fonctionnent bien. Au préalable, il faut s’inscrire sur www.qvax.be.

L’absence d’ordinateur pour s’inscrire ou l’absence d’un moyen de transport pour se rendre vers un lieu de vaccination ne doivent pas être des obstacles. Si vous êtes concernés par ce type de problème, je vous invite à prendre contact avec Isabelle LONCIN (agent PLANU), à l'Administration communale (0490/64.48.86, du lundi au vendredi, de 13h à 17h).

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En séance du mois de décembre 2020, afin d’être le plus en phase avec la situation réelle, le Conseil communal a supprimé la taxation forfaitaire des taxes de séjour touristique. Le calcul à la nuitée a été rétabli pour toutes les personnes de plus de 11 ans.

Dans sa publication du mois d’avril, l’Observatoire de l’accueil champêtre en Wallonie nous donne raison. Extrait de la conclusion de cet acteur important du tourisme rural : « L’année 2020 et ce début d’année 2021 ont sans doute pu démontrer que l’application d’une taxe à la nuitée était plus juste et équitable pour les exploitants d’hébergements touristiques. Néanmoins, en temps normal, l’application d’une taxe forfaitaire reste plus avantageuse pour les exploitants lorsque l’hébergement touristique affiche un bon taux d’occupation. La crise que nous traversons permet de tirer des leçons sur l’efficience de nos modes de fonctionnement et de nos pratiques ».

Nous pouvons également lire dans cette étude que la moyenne des taxes de séjour en Wallonie est de 1,36 € par personne et par nuit. Pour rappel, la taxe dans notre commune est de 1 €.

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Je l’exprimais ci-dessus, ces derniers mois ont été difficiles. Si on évoque les finances communales, il faut probablement également préciser : ces dernières années ont été compliquées.

Alors que les investissements sont importants (voiries, écoles communales, complexe sportif, …), nos recettes ont été plus que réduites. Pour quels motifs ?

Certaines années, les ventes de bois peuvent représenter plus de 20% de nos recettes. Toutefois, les ventes de 2018, 2019 et 2020 ont été très médiocres. Les volumes de bois sur les marchés et la crise des scolytes en étaient les principales causes.

Mais si les recettes communales ont été particulièrement basses, c’est surtout parce que nous nous sommes refusés d'adjuger de nombreux lots d’épicéas en-dessous de la valeur des estimations du Département Nature et Forêt. L’exercice était périlleux : ne pas brader tout en faisant face à nos obligations.

Nous avons tenu, nous avions raison. Le marché du bois est aujourd’hui à la hausse et grâce à l’intervention rapide du Département Nature et Forêt, que je remercie, la crise des scolytes est sous contrôle.

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Le dimanche 6 juin, la traditionnelle procession de la fête de La Roche-en-Ardenne aura bien lieu de même que la procession à Hives le samedi 5 juin.

En collaboration avec le Vice-Doyen, Auguste Moanda, nous élaborons les conditions indispensables afin que ces belles manifestations soient à nouveau organisées.

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La liste des nouveaux subsides accordés aux infrastructures sportives a été publiée à la fin du mois d’avril.  Sur les plus de 7 millions d’€ accordés par le Ministre Jean-Luc Crucke, 12 projets ont été retenus en Province de Luxembourg.

Pour La Roche-en-Ardenne, l’aménagement de l’éclairage et des abords du club de football de l’US Vecmont a été retenu, soit une subvention de 83.980 €.

Ce subside régional sera complété d’une intervention communale de 10.000 €.

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Dans le cadre de ces commémorations, deux textes ont été rédigés par les élèves de 5ème de l’Athénée royal et de l’Institut Saint-Joseph-Sacré-Cœur.

  • Texte rédigé par un élève de 5ème de l'Athénée royal :

Qui a dit que les jeunes ne sont plus intéressés par la guerre ? Voici la copie d’un élève de cinquième année, Célestin Pêcheur, qui devait, dans le cadre d’un cours de français, rédiger une fiction à partir d’une image des camps militaires.

Voilà l’émouvant document de ce jeune homme qui est toujours touché par l’histoire et par ce qu’il vit aujourd’hui :

"Journée d’un médecin.

Il fait chaud en cette fin de mois d’août et je pourrais rester dehors à contempler le soleil éclatant si le bruit des canons et des combats n’était pas omniprésent. Dans ma tente au mobilier minimaliste composé d’un lit de camp, d'une table et d’une chaise, j’astique mes outils en attente du coup d’envoi de cette journée. Je suis le docteur Edouard et, depuis déjà plus d’un an, chaque journée est pour moi un véritable enfer. Ce matin, la bataille s’est engagée et déjà des camions de blessés affluent vers la vieille grange qui me sert d’hôpital de campagne. Je me précipite dehors pour aller à leur rencontre.

Vite il faut faire vite, faire le tri. Qui est soignable, qui ne l’est pas, qui a besoin de soins immédiats, qui peut attendre ? Déjà, je suis débordé. À chaque nouveau brancardier qui rentre dans la grange, où la paille est déjà rouge de sang, c’est la même rengaine. Il me demande où il peut mettre celui-ci, s’il est soignable, si je tiens le coup. Et à chaque fois, je dois répondre de le mettre où il y a de la place et que je m’en occuperai quand j’aurai le temps. C’est une véritable torture pour moi.

Dans cette foutue guerre, j’ai parfois l’impression qu’autant d’hommes meurent de leurs blessures ou des centaines d’opérations que sous les obus ennemis. Mais là, je n’ai même plus le temps de penser.

Le type que l’on m’amène est un soldat, un môme, qui doit avoir dix-sept ans au plus et complètement fou à cause de la douleur. Immédiatement, j’identifie la blessure, le bas de la jambe arraché par un obus. Le pauvre complètement étourdi, me demande si je n’ai pas son pied et appelle sa mère pour qu’elle le lui rapporte. Je le couche sur les planches et je demande à Franklin, mon assistant, d’aller me chercher un seau et une scie pour couper la jambe. C’est l’horreur de cette guerre. Ce garçon, qui serre sa médaille de baptême dans sa main en pleurant après sa mère, n’en est qu’un parmi tant d’autres. Mais de cela, l’état-major se fiche comme d’une guigne.  Pour eux, les hommes sont des chiffres sur du papier, qu’on émette une critique sur leur stratégie meurtrière et ils répondent qu’on ne peut pas faire d’omelette sans casser d’œufs, mon bon ami.

Mais je n’ai pas le temps de penser, ce pauvre gars est en train de se vider de son sang. Vite, un garrot. Heureusement, Franklin revient avec le seau et la scie. Je donne un bout de bois au blessé pour qu’il le serre entre ses dents. Serre ça, mon gars, que je lui dis, et surtout ne regarde pas. En 3 minutes à peine l’opération est terminée, je badigeonne l’extrémité du moignon qui remplit le seau de sang pour stopper l’hémorragie et empêcher la gangrène de s’installer. La jambe, elle, ira rejoindre le tas de membres à l’entrée du bâtiment. J’espère que le gamin survivra au traumatisme. Mais déjà je n’ai plus le temps d’y penser dans ce charnier infernal, s’arrêter cinq minutes peut être synonyme de tuer cinq personnes. Alors j’enchaine, toute la journée, je plonge mes mains dans le sang. Mon tablier blanc n’a plus de blanc que le nom, les morts défilent et ne se ressemblent pas. Ici, je travaille avec un prêtre qui donne l’absolution aux gars que je condamne à mort en les jugeant insoignables et qui gémissent en serrant un portrait de leur femme ou de leur mère. Enfin la journée touche à sa fin. Je vois passer sous mes yeux les derniers arrivants du jour en attendant de me faire relever par l’équipe de nuit. Pour beaucoup d’entre eux, il n’y a plus rien à faire, je fais ce que je peux pour ceux qui peuvent encore être soignés.

J’entends alors derrière moi une voix qui me remplit de soulagement, celle du docteur Colin qui vient prendre ma relève. Je le remercie, sors et retourne à ma tente. C’est la fin de cette journée de guerre, je ne peux qu’espérer que la suivante sera moins sanglante".

Voilà cette histoire et ce n’est pas un hasard si, dans les circonstances dans lesquelles nous vivons, ce sont les préoccupations d’un jeune qui, certes n’est pas impacté par la guerre ou par ceux qui se sont battus pour sa liberté actuelle, mais qui vit, lui aussi, les conséquences fâcheuses de la Covid.

L’horreur de la guerre, les élèves ne la vivent plus, toutefois, ils en sont encore imprégnés dans la mesure où cela rejoint leur quotidien difficile, séparés de leurs camarades, devenus subitement conscients que leur seule présence peut avoir un impact dramatique sur leur entourage. Pour la première fois, comme leurs ancêtres, ils sont conscients d’être mortels, pas dans les mêmes circonstances mais dans les mêmes implications, dans l’angoisse d’un futur.

Non, nos jeunes n’ont pas connu la guerre ; cependant, depuis cette pandémie, ils ont un point commun avec les soldats du passé, la perte de l’innocence.

  • Texte rédigé par les élèves de 5ème de l'Institut Saint-Joseph-Sacré-Cœur :

Chères Rochoises, Chers Rochois,

Ce samedi 8 mai, nous avons fêté les 76 ans de la capitulation allemande après six longues années de guerre à travers l’Europe. Malheureusement, tout comme l’année passée lors des commémorations des 75 ans de la fin de la guerre, les conditions ont été quelque peu restreintes à cause des mesures sanitaires prises dans le cadre de la pandémie mondiale que nous vivons depuis plus d’un an maintenant. Dès lors, les élèves de cinquième de l’Institut Sacré-Cœur n’ont pas eu l’occasion de commémorer la fin de la seconde guerre mondiale et les héros qui en sont à l’origine.

En effet, depuis des dizaines d’années, notre école veille à son travail de mémoire en participant à de multiples activités. Malgré les conditions que nous connaissons tous et qui nous empêchent de participer à celles-ci, nous voulions toutefois, à travers cette lettre, tourner nos pensées vers ces hommes et ces femmes qui ont tant souffert. Offrir nos cœurs et nos pensées à nos ancêtres qui ont lutté pour tenter de survivre à toutes ces violentes attaques et à la nature belliqueuse de l’être humain.

A ceux qui se sont battus, cachés, rebellés, afin de sauvegarder l’honneur de notre pays. A ceux qui ont tout fait pour améliorer le sort de leurs enfants en temps de conflit armé. A ceux qui n'ont jamais abandonné et qui se sont battus dans l'espoir de retrouver un monde uni et en paix, un monde dans lequel nous pouvons nous balader en rue en sécurité et en toute liberté. Prenons exemple sur leur ténacité, arrêtons-nous un instant, arrêtons-nous de nous plaindre de nos malheurs et regardons ensemble le bel avenir qui nous attend.

C’est pour leur persévérance et leur héroïsme que nous devons, autant aujourd’hui que demain, montrer notre respect envers les hommes et les femmes qui ont donné leurs vies pour nous, envers les soldats et les civils qui ont souffert dans cette guerre, envers les citoyens qui se sont sacrifiés pour notre liberté actuelle, notre indépendance politique et notre liberté d’expression.

De nombreux pays dans le monde souffrent encore actuellement de conflits, de guerres et de régimes autoritaires. Nous avons la chance de vivre au sein d’un État où la liberté et le respect sont considérés comme des valeurs essentielles. Un pays qui adhère à la Convention Des Droits de l’Homme et qui est membre d’une Union Européenne née précisément en grande partie des guerres précédentes. Leur bravoure doit être conservée en nos mémoires et alimenter notre fierté nationale trop souvent mise à mal.

Tâchons de nous souvenir des sacrifices que nos ancêtres ont réalisés pour notre peuple et de l’inculquer aux générations futures. Nous ne devons pas seulement nous en souvenir une fois par an, mais bien comme un modèle qui, au quotidien, dicte nos faits et nos pensées. Il est également important de relativiser notre condition actuelle en se souvenant des atrocités perpétrées lors de la drôle de guerre.  De tout notre cœur nous les remercions.

 

Je souhaite une bonne fête à tous les papas !

Guy GILLOTEAUX,
Bourgmestre.

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